La drague : l’autre visage du jeune malien

A Bamako, les demoiselles foisonnent les rues. Toutes aussi belles que coquines, elles ne sont pas toutes faciles à approcher la première fois. Plus qu’un comportement, la drague est un art dans ce pays où les demoiselles n’ont plus confiance aux mecs.

« Je ne suis pas intéressée, je n’ai pas ton temps, arrête de me harceler » sont des phrases qui arrêtent net Hamidou dans ses tentatives de séduction à Bamako. Comme lui, nombreux sont les jeunes hommes qui se font rejeter en longueur de journée par les belles demoiselles de la capitale affectueusement appelées « Bamako jolie den » pour leur charme unique en Afrique et dans le monde.

Très mobiles, elles sont dispersées à Bamako : dans les restaurants, à la bibliothèque, au marché, à la piscine et même en circulation, il est impossible d’échapper à la tentation de ces créatures méticuleusement sculptées par Zeus et Cupidon. Rayonnantes tel le soleil de midi, les filles de Bamako sont aussi attirantes que la fleur pour l’abeille ! Pourtant, les approcher pour la première fois nécessite un savoir-faire à la fois ingénieux et sans reproche. Comme le dit Bintou, journaliste, « la première impression compte énormément ».

Scène de drague à Bamako. Crédit Photo Jeuneivoiromalien

Scène de drague à Bamako. Crédit Photo Jeuneivoiromalien

Aussi banale soit la drague, elle est pourtant difficile par moment. « Il faut se poser mille questions avant d’effectuer le premier pas », explique Sékou Toure, agent comptable, « sinon tu risques de tout rater dès le début. Pour éviter de souffrir il faut se renseigner » explique le spécialiste. Pour Bintou, c’est un fait, « personnellement, il y a des comportements que je ne tolère pas », témoigne celle qu’on appelle la « Bibiche » connue pour rendre fous ses prétendants. D’un air sérieux Bibiche explique qu’elle a horreur d’un mec qui se vante ou qui lui offre une grosse somme dès la première rencontre. « Ça prouve qu’il n’est pas sérieux », lance-t-elle.

Taquine et espiègle, Mimi est une fille touareg au teint clair. Quand elle sourit elle fait des victimes. Un corps superbe à la forme de guitare, Mimi ne passe jamais inaperçue. « J’adore sentir les yeux m’épier, ça m’excite ! explique-t-elle. Son secret : « je ne blague pas avec mon style », dit-elle. Emmitouflée dans son voile, Mimi s’asperge généralement de fragrance fleurie. Un fard à paupières par-ci, un lip gloss par-là qui donne à ses lèvres une sensualité qui ne laisse personne indifférent. Grâce à sa méthode, les hommes s’entichent facilement  d’elle. Une fois que s’est fait, elle les utilise et les jette plus tard comme une vielle serviette usée. Pour elle, tous les hommes sont les mêmes. Elle résume la gente masculine à deux mots : « malhonnêtes et infidèles ». Comme le pense Hamidou une femme comme Mimi n’est pas une proie facile. Pour ce jeune homme, toutes les femmes se valent : « elles sont toutes des proies faciles, il suffit juste de savoir comment faire » explique-t-il.

Le secret d’Hamidou c’est le sourire, « je souris à toutes les filles qui m’intéressent. Si le sourire est partagé alors je fonce » raconte-t-il. Par ailleurs, il ajoute qu’il faut au préalable avoir un un véhicule afin de mettre toutes les chances de son côté, « et si vous travaillez dans une entreprise reconnue, ça marche à coups sûr », témoigne Hamidou.

Ousmane Dansoko, journaliste, explique quant à lui qu’il y’a une différence entre les Maliennes et les étrangères, « les Maliennes n’aiment que l’argent et rien d’autre». C’est pourquoi, il emploie une autre méthode avec les étrangères, « avec elles, il faut être soigné dans son habillement, être cohérent dans ses dires. Peu importe si vous êtes pauvre» raconte-t-il, « ce qui n’est pas le cas avec les filles ici », se presse-t-il d’ajouter.

A Bamako comme dans plusieurs villes d’Afrique, les jeunes filles et les mecs se regardent avec méfiance. Chacun est sur ses gardes et croit être le plus malin. Du coup, plus personne n’accorde sa confiance facilement. Face aux réalités du terrain, face à la diversité des demoiselles, la drague est devenue un art difficile à Bamako. Les obstacles qui se dressent dans l’atteinte des objectifs fixés ne sont pas toujours faciles à contourner. Comme le dit l’autre, il faut s’attendre à tout lorsque tu décides de déplier le tapis de séduction devant une demoiselle à Bamako. Soit elle vous aime tel que vous êtes (très rare), soit elle vous use juqu’à ce qu’il ne reste plus rien de votre personne. La victime termine ainsi le nez dans sable et la face au soleil.

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