Chronique

A Bamako, elles pensent et respirent le mariage !

Des bagues de mariage.

C’est connu, à Bamako, la capitale malienne, il ne se passe pas une journée sans qu’un jeune homme ne se prenne au visage la célèbre phrase utilisée à tout bout de champ par les demoiselles du coin : « Est-ce que tu vas me marier ? » Même lorsque vous êtes rempli de pensées positives, elles ont toujours cette façon de vous arrêter net dans votre lancée.

Marché de Bamako : scènes ordinaires dans le grand bazar

Vue sur le centre du grand marché d'Haraïda à Bamako. Crédit photo Jeuneivoiromalien

Dans les grands marchés de la capitale malienne, c’est le désordre. Commerçants, chauffeurs, piétons, tous s’y retrouvent pour des raisons particulières. Les uns sillonnent les grandes artères avec le regard dans le vide, les autres (les plus nombreux) déambulent avec des marchandises à la main. Ils hèlent chaque passant au coin de la route. Si vous êtes nouveau à Bamako, évitez dans la mesure du possible les grands marchés.

Mort d’IBK : de quoi les maliens avaient-ils peur ?

Ibrahim Boubacar Keita dit ÏBK", Président de la République du Mali. Crédit photo: Farafi net.com

Une fois de plus le spectre des rumeurs a frappé à Bamako. Cette fois ci le coup a été à la fois difficile et inquiétant pour les populations qui jusque-là n’avaient pas encore pesé le rôle important que joue l’homme au boubou personnalisant dans le maintien de la paix au Mali. Il y a une semaine son excellence Ibrahim Boubacar Keïta s’envolait pour la Turquie. Au Journal Télévisé (JT) de 20h, l’ORTM véhiculait l’info dans lequel on expliquait que ‘ladjibrouma’1 s’y rendait dans un cadre de renforcement de partenariat entre les deux pays. On sait pour un voyage de ce genre, le chef d’Etat se déplace toujours avec quelques ministres du gouvernement et de quelques chefs d’entreprise privée ou publique, par moment. Or cette fois, ce ne fut pas le cas, car IBK s’est rendu en Turquie accompagné que de ses hommes de confiance qui le suivent partout. C’est l’exemple de son docteur et de son garde-corps, un tas de muscle à la face toujours froissée. Bref, loin d’être dupe, le peuple malien qui suit de près chaque fait et geste de ladjibrouma surtout ses nombreux déplacements que beaucoup qualifie de dépenses inutiles ne s’est donc pas fait prier pour se créer des explications sur ce mysterieux voyage.

Ibrahim Boubacar Keîta. Phto Web

Ibrahim Boubacar Keîta. Phto Web

Zéro communication.
Pas besoin d’être devin pour savoir que lorsqu’un chef d’Etat part dans un pays étranger dans le cadre des affaires comme l’a présumé la télévision nationale malienne, une communication permanente doit relayer au quotidien les activités, rencontres et décisions prises sur place. Alors dès le premier jour de sa visite, l’on s’attendait à Bamako à une retranscription de son arrivée sur le sol turquoise. Durant trois jours, ce ne fut pas le cas. Est-ce une décision du grand chef ? La structure de la communication de la présidence serait-elle faillible ? Autant de questions qui a traversé l’esprit ancestral des maliens qui ont dû se créer une vitrine pour palier à ce manque d’information autour d’un voyage qui au début a passé inaperçu.

Rumeurs sur rumeurs.
De bouche-à-oreille, du Malien moyen, aux autorités du pays, l’information a circulé comme une trainée de poussière. Tout le monde disait : «J’ai entendu de source sûre» ; «Nous avons été informés par des proches», ou encore «Les téléphones de son entourage sont fermés». En plus des Maliens au Mali, ceux de l’extérieur ont été paniqués. Tout le monde voulait savoir la réalité : IBK est-il réellement mort en Turquie ? Si oui, quelles ont été les raisons d’une telle mort subite ? Là encore autant de questions inexpliquées. Dans cette même lancée, une inquiétude naquit dans les cœurs et a débouché une fois de plus sur une préoccupation de taille. Qui après Ibrahim Boubacar Keïta ?

Le fameux article 36 de l’intérim.
Au Mali comme dans plusieurs pays africains francophones, il est prévu dans les textes de la constitution, un article dont les dispositions prévoient l’intérim en périodes dites exceptionnelles. La constitution du 25 février 1992 prévoit en son article 36 que : « en cas de vacance de la Présidence de la République pour quelque cause que soit ou d’empêchement absolu ou définitif constaté par la Cour Constitutionnelle saisie par le Président de l’Assemblée Nationale et le Premier Ministre, les fonctions du Président de la République sont exercées par le Président de l’Assemblée Nationale. » Et bien l’article 36 aurait une fois de plus fait mal au peuple si seulement les rumeurs autour de la fameuse mort d’IBK s’était avéré vraie. Loin d’avoir oublié le cas d’ATT et de Dioncounda Traoré battu à Koulouba après qu’il est assuré l’intérim en 2012, le fameux article 36 aurait fait plus de mal que de bien. Mais d’où venait cette peur donc ?

Le problème Issiaka Sidibé.
On a pour habitude de dire en Afrique qu’un homme incapable de diriger sa famille ne saurait prétendre à un poste de responsabilité et ce même lorsque la situation s’impose à vous. L’honorable Issiaka Sidibé occupe les fonctions du président de l’assemblée Nationale depuis 22 janvier 2014 fait objet de débat au sein de l’institution où beaucoup n’hésitent pas à souligner son incompétence. Et bien c’est celui-là qui serait devenu le président de la République par intérim si la rumeur autour de la mort d’IBK avait été vraie.

Entre le mal et le pis, les maliens souhaiteraient ne pas à avoir à faire un choix.

Moussa MAGASSA

L’attaque de Peshawar : ces talibans qui se moquent d’Allah

Des parents éplorés lors de l'attaque de Peshawar. Photo web

Tuer et évoquer l’islam pour se justifier est une attitude audacieuse dont se réclament les talibans pakistanais après le carnage à Peshawar. Un drame qui a coûté la vie à 141 personnes dont 132 enfants. Chaque vie est importante est nul n’a le droit de tuer.

Le saint coran contenant les paroles d’Allah. Photo Web

« Allahu akbar », c’est par cette formule hautement sacrée et invocatrice que des individus étiquetés d’une appellation péjorative,  »terroristes » s’adonnent à une bassesse sans nom. Cette phrase est employée par tous les musulmans (les bons comme les mauvais) dans de nombreuses circonstances : notamment expression de joie et de louange ou par exemple pour souligner les « miracles » de la nature ou la grandeur de Dieu dans les bienfaits tirés de la nature et la soumission de tous les hommes aux lois naturelles (la mort). Elle peut également faire figure de cri de guerre. C’est certainement, cette dernière option qui sert d’arme de destruction aux esprits belliqueux, à ces hommes dont la croyance à l’islam souffre de perdition et de dogmatisme obsolète. Comme un ballet de lâches, les talibans pakistanais se sont encore une fois attaqués à des individus dans la fleur de l’âge, sans défense aucune et des innocents ; des écoliers.

Des parents éplorés lors de l'attaque de Peshawar. Photo web

Des parents éplorés lors de l’attaque de Peshawar. Photo web

141 morts dont 132 enfants, tous des enfants de militaires. C’est cet acte inhumain qu’ont commis les talibans pakistanais en attaquant dans la matinée du mardi 16 décembre une école à Peshawar. Les qualifier de ‘’sauvages ‘’, ne serait nullement une exagération. Ils entendaient ainsi répondre à l’offensive lancée en juin par l’armée contre ses bastions du Waziristan du Nord, dans les zones tribales pachtounes frontalières de l’Afghanistan.

Doit-on tuer au nom d’Allah ?

Sans aucune intention de blasphémer, ceux qui tuent aujourd’hui, ceux qui décapitent les otages innocents et exécutent leurs propres coreligionnaires semblent ignorer ce terme : le Miséricordieux (Al-Rahman), présent dans le début de chaque sourate. Je ne suis pas certain qu’ils aient une connaissance approfondie du Coran non plus, sinon ils tiendraient compte de ce qui a été révélé à Mohamed, le messager d’Allah pour les croyants, dans la continuité des dix commandements dont celui-ci : « Tu ne tueras point ! ». Malheureusement, ils ont une mauvaise interprétation des versets 89 et 90 de la sourate 4 (An-Nisaa).

Des hommes transportant des corps après le carnage de Peshawar. Photo web

Des hommes transportant des corps après le carnage de Peshawar. Photo web

Les talibans pakistanais interprètent le Coran de manière erronée et déformée, car ils ignorent le contexte des versets et ils le font soit par négligence pure, soit par dissimulation délibérée. Une religion ou dois-je dire un musulman qui ne respecte pas la vie n’a donc aucune raison d’être, même s’il tient lieu d’idéologie comme c’est malheureusement le cas dans beaucoup de pays musulmans. Au nom d’Allah on ne peut assassiner et cette barbarie ne se donne même pas la peine de cacher son vrai visage en se contentant de cacher le visage des femmes. Comme disait Malraux, « Peut-être une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut qu’une vie ».

Moussa Magassa.