Politique

Bamako à l’ère du nudisme…

Vue de la plage de Kalabancoro à Bamako. Crédit Photo

La capitale malienne attire la population rurale notamment les jeunes qui laissent les villages vides et muets tel un cimetière. A Bamako, tous se sentent urbanisés et comme par magie, tous pensent savoir tout et donc croient pouvoir avoir droit à tout sans exception. Dans la métropole, le respect des coutumes et traditions est balayé du revers de la main faisant place à une modernisation mimant tristement l’Occident. C’est dans cette grande ville qu’on peut ôter la vie à un voleur, fumer un joint dans les grins, braquer et assassiner les motocyclistes. Actuellement, c’est au bord des plages que beaucoup de jeunes s’adonnent à leur libido.

Vue de la plage de Kalabancoro à Bamako. Crédit Photo

Vue de la plage de Kalabancoro à Bamako. Crédit Photo

Miami Beach en plein Bamako, c’est une réalité. Les berges de nos fleuves sont devenues des aires de plaisance en ces périodes de canicule où les jeunes se retrouvent pour passer du bon temps tout en profitant de la brise du fleuve. Originaires d’un pays enclavé, les amoureux de plage aux sables fins ont toujours dans leur boîte à outils une astuce pour compenser leur manque. Kalabancoro*1 Plateau, quartier périphérique de Bamako dont la popularité est au sommet en ces périodes de chaleur grâce à ses plages artificielles, est la nouvelle destination des jeunes. Convoitée généralement le week-end surtout le dimanche, la plage de Kalabancoro a une telle notoriété que les véhicules et motos s’y bousculent. Des jeunes par grappes viennent de toutes les communes de la capitale transportant sur leur moto jakarta*2 surchargée, des nattes, des théières, des chaises, etc. Une autre raison qui explique l’engouement des habitués du coin, c’est la présence de nombre incalculable de jeunes filles de tous les âges, toutes différentes les unes des autres. C’est ainsi que des jeunes riverains, membres de l’association des jeunes de Kalabancoro décidèrent de moderniser le site afin d’en récolter des bénéfices. Mais à quel prix ? Ils commencèrent par construire des parkings, à apporter au site des touches modernes. A ces aspects, s’est ajoutée une nouvelle création « le site Miami ». Entouré de rubans, pour y avoir accès, il faut désormais acheter un ticket à 200 FCFA et se faire estampiller à l’avant-bras, signe d’accréditation. A l’intérieur, des tentes dressées en plein air hébergent des adolescents plongés dans une idylle inouïe. Un peu plus loin, des cabanes construites certainement par les gérants sont les lieux de rencontre entre accro aux stupéfiants qui se partagent un joint ingénieusement roulé dans du papier. A Miami, aucune différence n’est faite entre un adulte et un gamin. Ici, on a droit à tous les interdits des parents. A Miami, c’est le libertinage total, chacun y trouve son compte.

‘’Sabarini*3’’ partie

Chaque dimanche aux environs de 17 heures, un cercle est formé à la demande du DJ. Des jeunes filles se livrent à des prestations tour à tour au milieu de la scène. Du sabarini au strip-tease, les spectateurs admirent la nudité des danseuses. C’est aussi l’occasion pour les prostituées de s’adonner au commerce de la chair. Autre réaménagement, un nouveau site serait construit pour accueillir les clients à environ 1 km de traversée en pirogue.

1* Un quartier populaire de Bamako connue pour ses belles plages artificielles.
2* Moto très populaire à Bamako qui représente 90 % des motos en circulation.
3* Danse d’origine sénégalaise modifiée et reconnue pour sa prestation qui met en évidence l’intimité de la femme.

Moussa Magassa

Mali : IBK dans le rôle du dictateur avéré

IBK avertit et menace. Photo google

Une fois de plus Ibrahim Boubacar Keïta dit IBK est monté sur ses grands chevaux et a menacé ouvertement les membres du gouvernement. Lors du premier Conseil des ministres qu’il a présidé, hier, il s’est comporté tel un dictateur qui impose sa volonté contre vents et marées. Une attitude qui a choqué les Maliens.

IBK avertit et menace. Photo google

IBK avertit et menace. Photo google

Quelques jours après sa constitution, le nouvel attelage gouvernemental version Modibo Kéita a tenu mercredi 14 janvier son tout premier Conseil des ministres. Le premier ministre et ses 29 gladiateurs au complet faisaient face au président de la République Ibrahim Boubacar Keita. Le locataire de la « maison blanche » du Mali n’est pas passé par quatre chemins pour rappeler sa posture ‘’d’homme au pouvoir suprême’’ à ses subordonnés. Une fausse note a cependant marqué cette rencontre importante.  »Ladjibrouma1″ a ouvertement menacé les membres de la nouvelle équipe gouvernementale de limogeage pur et simple. Tel le père qui fait la leçon à ses fils, IBK a saisi cette occasion pour renouer avec les menaces à tout bout de champ qui  exaspéraient le peuple.

« Je ne tolérerai aucun écart vis-à-vis de ce gouvernement », a-t-il fulminé avant d’embrayer : « Au moindre écart monsieur le premier ministre je vous appellerai à un remaniement ministériel immédiat ». Visiblement inspiré dans ses menaces, IBK, tel le boss à ses subalternes a mis en garde les ministres qui mettront en cause son choix porté sur le chef du gouvernement. Comme si cela ne suffisait pas, « Ladjibroum 1 » sur un ton péremptoire, tel un père parlant au nom de son enfant mineur, ajouta en se tournant du côté son nouveau poulain, « Quiconque s’aviserait à mettre votre autorité en cause ou en doute le saura à ses dépens ». Avec une dose de gloriole dans la voix, il fustigea ensuite chaque ministre du regard comme pour dire « c’est moi le chef ici  ».

Le locataire de Koulouba n’a pas encore finir d’imposer ses désirs les plus reculés à ses ministres dans une pratique propre à sa personne dénudée de tout respect et considération. Après que le Mali a accédé au rang des pays champions de fausses déclarations et de fausses promesses, il adhère inéluctable au système totalitarisme embelli d’une démocratie à la merci du chef de l’Etat. Il est inacceptable qu’en ce 21e siècle, un président de la République ne témoigne ni respect, ni  considération à l’égard des hommes qui se battent pour la réussite de son mandat.

Adulé par certains et craint par d’autres, l’homme fort de Koulouba représente aujourd’hui une épine dans le pied des Maliens.

 »Ladjibrouma »1: Surnom péjoratif donné à IBK

Moussa Magassa

Les femmes, un mystère difficile à percer surtout en période de fête

Un salon de coiffure bondée de cliente. Photo web

Je l’avoue « les femmes », c’est difficile à cerner et complexe à appréhender pour un esprit cartésien. Qu’à cela ne tienne il est impossible de vivre sans elles.

Franchement, elles sont une belle énigme et parfois l’on se demande si ce n’est pas mieux de vivre éternellement célibataire.

Un salon de coiffure bondée de cliente. Photo web

Un salon de coiffure bondé de clientes. Photo web

Bref revenons à nos moutons, en ces périodes de fêtes à Bamako, ce qui attire l’attention, c’est bien logiquement les femmes. Le mois béni du ramadan en a tant fait avec son cortège de prohibitions et d’interdits, il est donc temps que reprennent les vieilles habitudes.

Alors que l’incertitude rôde autour du jour exact de la fête de ramadan comme il en est chaque année, les jeunes Bamakoises se consacrent aux petits soins de leur féminité.  Les mèches qui une semaine avant le mois de jeûne s’étaient envolées repoussent de plus belle comme des champignons sur les têtes. Les faux ongles et les faux cils ornent déjà les doigts et les paupières.

Autant de signes qui indiquent que les boîtes de nuit et les restaurants connaitront un succès fou sans parler des chambres d’hôtel. Il règne une atmosphère particulière. Les retenues dont les uns et les autres ont fait preuve durant ce mois seront largement compensées par des excès.

« Les décolletés et les minijupes sont déjà prêts pour la cause » m’a dit un camarade. Et devant mon air surpris il ajoute : « Mais oui, après le carême, c’est la vie mon frère. »

Bien qu’étonnant, c’est cela réalité et le dilemme du ramadan. Un mois perçu comme une entrave aux envies les plus inavouées.

Quoi qu’on dise ou qu’on fasse le commun des mortels ne vit que pour les mondanités, en l’occurrence les jeunes filles de Bamako.

Moussa Magassa

L’université de Bamako au bord de l’abîme avec l’AEEM…

Symbole de l'université de Bamako. Photo web

C’est repartit encore une fois, la faculté des sciences juridiques et politiques de Bamako souffre de perdition comme c’est malheureusement le cas les années précédentes.  Les mauvaises habitudes reprennent de plus belle le cours d’une université dont la popularité semble perdre de plus en plus en estime. A titre de rappel, Ce n’est plus un secret pour personne que ce sont les membres de l’administration ainsi que ceux  de l’AEEM qui y font la loi et ce depuis déjà belle lurette.

Symbole de l'université de Bamako. Photo web

Symbole de l’université de Bamako. Photo web

Lorsque nous avons écrit pour dénoncer l’exploitation flagrante dont faisait objet les récipiendaires de la bourse il y a un mois de cela, des mesures ont été prise par les autorités afin d’y mettre un terme. Ce fut de façon temporelle malheureusement. Une autre méthode sortit du sac des bourreaux  est à l’ordre du jour. Comme chaque année en effet, les étudiants de la première année sont appelés à retirer leur carte bancaire afin de pouvoir bénéficier au moment opportun des avantages de la somme fatidique. Les autorités en prenant cette mesure pensaient pouvoir lutter contre l’énorme inconduite des membres de l’AEEM d’une part, et alléger la souffrance des étudiants dans cette quête d’autre part.

Ce fut une fois encore, une prêche dans le désert car les membres de l’AEEM en complicité avec l’administration finissent toujours par trouver le moyen d’atteindre leur objectif, aussi malencontreux que cela puisse être. Le plus déplorable c’est que ces gens arrivent toujours à plier à leur sordide cause tous les agents de la force publique déployés au sein de l’université dont la mission première est de préserver l’ordre publique. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, il aura fallu tout simplement d’acheter leur silence fouettée d’une belle inertie à travers un pourcentage prélevé illégalement sur la trouvaille de ces jeunes au destin hypothéqué.

Actuellement sur la colline du savoir, les membres de l’AEEM de façon flagrante exigent une somme comprise entre 1000 et 2000 FCFA à tout étudiant venu pour le retrait de sa carte bancaire. Cette somme dit- on symbolise le laisser- passer. Une centaine environs d’étudiants sont appelées chaque jour à retirer ladite carte au moyen du paiement de cette somme qui est désormais un droit ou dois je dis une obligation…

Moussa Magassa

Quand l’examen du baccalauréat devient de la comédie, c’est toute une élite qui va à la dérive

Des candidats à l'attente de la reprise des examens. Photo web

Il n’est ignoré de personne l’actualité qui prévaut au Mali dans le domaine de l’éducation quant aux différents examens scolaires de fin d’année. Les examens de Bac qui ont débuté le mardi 10 juin 2014 sur toute l’étendue du territoire national a semblerait –il avoir fait objet d’une convoitise  malhonnête pour certains parents qui voudront coûte que coûte voir leurs progénitures devenus bacheliers à la fin de ces examens.

Quoi de plus étonnant, quand on sait que les bourses d’étude sont extirpées aux plus méritants pour les caprices d’un autre dont les parents ne mesurent l’importance de la vie qu’à la concurrence du pouvoir de l’argent. Et bien après la dérive de l’armée malienne conduit implacablement dans la gueule du loup par des dirigeants à la veulerie abjecte, place aux examens et concours de fin d’année de récolter les impacts d’une gouvernance en souffrance. D’abord, ce fut les examens du DEF qui ont reçu la fâcheuse réputation d’être portés au fronton  du ministère de l’éducation malienne comme un examen exempte de tout sérieux. Maintenant c’est le tour aux examens de baccalauréat d’agiter de plus belle le ridicule de la situation dans une scène à la fois comique et dramatique.

Des candidats à l'attente de la reprise des examens. Photo web

Des candidats à l’attente de la reprise des examens. Photo web

Le mardi de l’examen du Bac, les épreuves prévues pour 8h du matin ne commencèrent que 2h ou 3h plus tard selon les établissements. Pour faute, les sujets d’examens bien qu’étant sous scellés à leur arrivée étaient déjà en la possession de bon nombre d’élèves qui semblerait-il avaient déjà fait le tour entres les mains des candidats la veille. Il faut cependant préciser que selon nos sources à l’intérieur du Mali, seulement la capitale bamakoise était confrontée à ce problème.

Le même scenario a été noté en ce second jour des examens où dans quelques centres à Bamako les sujets sont remis aux candidats qui ensuite leur est retiré parce que nos soit disant « administrateurs » se sont rendus compte d’une éventuelle fuite. La scène est répétée encore et encore jusqu’ils eurent le cœur net. Encore une fois de la bêtise ridicule. Il reste encore deux jours à venir dont nous pouvons affirmer avec sureté que l’atmosphère est loin de pouvoir changer.

Comment une telle fuite des sujets d’examen est-elle possible ?

Il faut au préalable préciser que cet état de fait est le propre des examens de fin d’année au Mali précisément à Bamako. Cependant comme je l’ai dit tantôt cela ne surprend personne car quand on vit dans un pays comme le Mali où tout est permit, chacun se pensant juriste s’adonne à un laisser-aller impressionnant face à une multitude de législation zébrée d’impunité. Alors, je dis c’est de la bêtise maladive. Les parents méconnaissent en réalité ou se foutes pas mal du danger d’encourager son fils à la facilité tout  en leur enlevant tout sens de fierté. Ils sont ainsi prêt jusqu’à enfreindre à la loi pour un éventuel statut de ceux-ci.

Qui sont les auteurs d’une telle bassesse ?

Je dis qu’ils arrêtent de nous prendre la tête avec leurs histoires à dormir débout. Tous autant qu’ils sont ne sont point étrangers à ces inconduites dont le fil conducteur est toujours un bourgeois du pays sans scrupule.

Si le Mali était un être humain, croyez-moi chers lecteurs vous l’entendrez agoniser de douleur et de regret face aux faits de ses citoyens qui malheureusement ne s’occupent que de leur intérêts égocentriques qu’ils ont changé contre la renommée nationale.

Moussa Magassa