Société

Festival accoustik Bamako: un max de « selfie »pour Gary Dourdan

Gary Dourdan @ Teatro Nuovo Milano 2015. Photo crédit Angela _ Anji_files

Warrick Brown de la série Les Experts, est à Bamako depuis bientôt une semaine. Gary Dourdan, le mauvais garçon au corps de rêve qui fait tant rêver les « nanas », a donc décidé d’atterrir dans la capitale malienne à la demande du maestro de la kora, Toumani Diabaté. Il prend part depuis le 27 janvier à la première édition du festival accoustik Bamako, qui durera jusqu’au samedi 30 janvier. Loin de s’attendre à des centaines de fans, Gary Dourdan a été surpris de l’accueil qui lui a été réservé à Bamako.

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« Sérieusement, je me demande par moment, ce qu’elle peut lui trouver à ce gars. C’est vrai non ! En plus d’être en faillite, c’est un ancien drogué », a lancé un journaliste lors de sa conférence de presse du mardi 26 janvier à l’hôtel Onomo de Bamako.

Bon, pas étonnant qu’il monte sur ses grands chevaux, cet éternel insatisfait. En gros, il lui envie de n’avoir jamais su comment s’y prendre avec les dames.

Pour l’occasion, ses fans (les femmes, pour la plupart) avaient concoctée à l’avance un plan d’approche, car la star ne pouvait pas être approché par tous. Alors, celles dont la famille ou le père a de l’influence, avait mise en avant la méthode dite « relationnelle » ; c’est-à-dire, elle connait un tel qui connait un tel, proche de Gary ou de quelqu’un de son staff. Cette catégorie n’avait pas de soucis à se faire, car il  fallait juste être patient et attendre que la seconde catégorie dite «coïncidence ou chance »  finisse de faire son numéro, pour ensuite aller faire la rencontre du héros dans les salons VIP (Very Important People).

Mais Il y a mieux. Certaines sont allées jusqu’à prendre un billet d’avion pour uniquement venir le voir à Bamako. « Je n’aurais manqué ça pour rien au monde, j’ai demandé une permission de deux jours pour simplement avoir enfin l’opportunité d’être proche de lui », a témoigné la fille d’un ancien premier ministre du Mali. Une seconde, que voulait-elle dire par « proche de lui » ? La réponse ne se fit pas attendre, car à peine la conférence de presse terminée, Gary Dourdan a disparu. Vingt minutes plus tard, il était en face d’autres personnes qui n’arrêtaient pas tour à tour de poser avec lui en mode « selfie », y compris la fille du premier ministre.

En une heure de conversation avec les officiels et leurs invités (filles, parents, amis et collègues) Gary Dourdan avait fait autant de selfie qu’il en était lassé. Il trouvait par moment des excuses pour s’extirper de la salle. Du genre, « je transpire » donc je ne veux pas vous salir. La conférence de presse terminée, Gary Dourdan pouvait enfin dire ouf pour l’instant.

Que croyait-il ? Les filles maliennes savent aussi reconnaître et apprécier un beau mec au corps de rêve. Et ça, il l’avait compris à ses dépens.

Le soir du 27 janvier, Gary Dourdan, accompagné d’artistes de renom tels que Tony Allen et son groupe et Toumani Diabaté, a donné le ton du concert d’ouverture au Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké. La star haïtienne, venue sur la scène dans une chemise transpirante et provocatrice, a suscité des cris de joie de la part de ses fans. Ce n’était pas tout. Cerise sur le gâteau, Gary, avant, pendant et après sa prestation sur scène, n’a pas arrêté de faire des « selfies ». Une chose est certaine, si après Bamako il adore toujours les « selfies » alors, c’est qu’il a certainement des origines maliennes car nos demoiselles sont folles de « selfies ».

Etat d’urgence à la malienne: entre rire et colère

Instauré pour contrer les menaces qui planent sur la sécurité des personnes et de leurs biens, l’état d’urgence, qui, prorogé avec l’accord unanime du parlement jusqu’au 31 mars prochain sur l’ensemble du territoire malien, suscite toujours le débat. Aucun constat de renforcement du dispositif de sécurité, ni de mesures restrictives de libertés publiques ou individuelles à l’ordre du jour. Pourtant, le territoire national est en état d’urgence. Un mélange de style d’article de journal et de billet de blog pour apporter une explication à ces nombreuses interrogations.

Retour de TIDOU : l’éternel migrant

Hommage aux Tirailleurs Senegalais. Credit Photo, abac077

Depuis un certain moment, l’immigration est au cœur des débats au niveau mondial. Entre souffrance et espoir, parce que convaincu de trouver une vie meilleure à l’autre bout du monde, chaque jour des milliers de personnes bravent les dangers de l’océan atlantique. Certains, après avoir menés une vie difficile dans leur pays d’accueil, arrivent tant bien que mal à se construire une vie au bercail. D’autres, par contre, n’y retourneront jamais. Tidou est un migrant qui, de retour au bercail après quarante années de services loyaux à la France, s’indigne contre une nouvelle génération d’africains qui souhaitent toujours partir. J’ai décidé de vous rapporter une partie de ses discussions dans un style poétique avec un jeune homme, malheureusement resté dans un naufrage sur les côtes libyennes.

Caricature d'un tirailleur sénégalais. Crédit photo Jeremy Dumond_files

Caricature d’un tirailleur sénégalais. Crédit photo Jeremy Dumond_files

 

Je suis désormais en droit de fouler mon sol, ma terre, mon Afrique chérie. J’y atterrirai par avion, comme un touriste ou un chef d’entreprise, mais je resterais à jamais un migrant.

C’est mon historie comme celle de millions d’autres, hier, aujourd’hui, demain?

Economique ou refugié, où est la différence pour l’exilé? Je suis un homme, j’ai un nom, une famille, des rêves. Est-ce de ma faute à moi si j’ai dû quitter ?

Je ne pense pas, non.

Economique ou refugié, où est la différence pour celui qui t’ouvre les bras ? Tu le sais, toi ?

Tu es jeune, tu as fait des études, tu écris dans un grand journal de presse. Explique-moi si quelqu’un y comprend quelque chose ?

Tu veux partir, toi ? Tu es prêt à laisser ta peau pour vivre quoi là-bas ? La même histoire que moi ? Attends j’te raconte un peu !

L’intégration, oh ! Difficile à avaler ce morceau qui m’est jusqu’à ce jour resté dans la gorge, mais une vie est une vie et je n’ai pas gâché la mienne, j’en suis fier.

Je ne suis peut-être pas une star, mais dans mon quartier j’étais une vedette et des amis, j’en avais énormément. C’est le vieux TIDOU qui te parle, mon p’tit.

Manger et boire à satiété, vivre en paix, voir grandir ses enfants sans avoir peur pour eux chaque matin, chaque nuit, c’est la chance que je me suis offerte, même s’il faut en payer le prix.

Laisser son village loin derrière et sentir dans son cœur le poids de l’exil tout en faisant bien son travail, c’était mon choix et j’en suis fier.

Écoute-moi jeune homme ! Si j’avais eu le choix comme toi, je serais resté, construire la paix pour mes enfants, puisque ces pays riches financent les guerres qu’ils condamnent ensuite.

Si j’avais eu le choix, comme toi, je me serais battu ici pour les sans voix au lieu de me taire là-bas.

Et si j’avais eu le choix, comme tu en as la chance aujourd’hui, j’aurais à travers ma plume donné à la démocratie son sens, hélas perdu dans nos pays.

Ça t’amuse plus on dirait ! Hum ! Hum ! Hum ! Tu as raison, car ça n’a rien d’amusant crois-moi. J’avais un objectif et une priorité, c’est ce qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui.

Celui dont on est fier et qu’on cite en exemple dans les mosquées et dans le village. Tu vois, je profite donc de mon choix. Or, la réalité est tout autre aujourd’hui mon garçon.

Mais je ne t’apprends rien.

En ce 21è siècle, que penses-tu aller chercher de l’autre côté, là-bas, que tu ne pourrais construire ici, dis-moi. Ne vois-tu pas que les portes sont fermées pour toi. Ne sois pas dupe, mon garçon, ton bonheur c’est ici et nul par ailleurs.

Toi qui a eu la chance d’étudier Senghor du Sénégal, Thomas Sankara du Burkina, Modibo Keïta du Mali, Kwamé N’Kruma du Ghana, tu devrais savoir qu’ils étaient fier, eux, de construire l’Afrique.

Un siècle plus tard, on se souviendra à jamais d’eux. Et toi aussi, si tu fais le bon choix, non le meilleur des tous, je dirais : rester au pays et dire non pour une fois à l’immigration.

Ceci est un appel à la nouvelle génération africaine en général et du Mali en particulier. Si partir était une solution dans le passé, aujourd’hui, la réalité est malheureusement différente. Rester pour construire son pays ou risquer sa vie pour un idéal qui dans très souvent des cas, n’est qu’utopie. 

Mali100Mega : pour une connexion à haut débit

Photo #Mali100Mega.

Le Concept Mali100Méga pour l’amélioration de la connexion internet lancé sur la toile par des activistes interpelle les réseaux de télécommunication au Mali et les autorités qui peinent jusque là à résoudre le problème.

Photo #Mali100Mega.

Photo #Mali100Mega.

La connexion internet au Mali continue de faire des mécontents, du moins c’est ce que témoigne la campagne lancée depuis le 21 avril 2015 par plusieurs responsables d’entités dans le secteur des TIC notamment Renaud Gaudin, Responsable de Jokkolabs Bamako. #Mali100Méga est à la fois une initiative et une campagne du secteur TIC du Mali pour une amélioration drastique des connexions Internet fixe tant en débit qu’en coût. « Le but n’est pas d’obtenir du 100Mbps tout de suite à un prix abordable, mais d’obtenir quelque chose de juste, en 2015, dans la sous-région ; quelque chose avec lequel on puisse travailler » a précisé Renaud.

Regroupant en majorité des internautes (blogueurs, activistes) la campagne Mali100Méga a pris une dimension mondiale sur Twitter et Facebook. Taguant généralement le compte officiel Twitter d’Orange Mali et celui de Jokkolabs Bamako, les membres sont vite repérés par l’opérateur mobile N°1 du Mali, Orange Mali qui les invite le jeudi 7 mai à son siège d’hippodrome pour une mise au point. Selon Hadja Diarra Keïta, responsable communication institutionnelle d’Orange Mali, le réseau 3G est saturé, alors ils attendent que l’Autorité Malienne de Régulation des Télécommunication TIC et Postes (AMRTP) réponde favorablement à leur demande d’agrément pour la 4G. Une déclaration que beaucoup n’y voie que du feu. Difficile à croire quand même pour un pays comme la France la 3G n’a pas été saturé. Autrement dit, Orange Mali est toujours à la recherche de solutions car selon nos sources, le problème est plutôt politique. Interpellé d’abord par ladite camapagne ensuite par les députés de l’Asemblée Nationale du Mali, Choguel Kokala Maïga, Ministre de l’économie numérique de l’information et de la communication a déclaré qu’Orange Mali et Malitel font un bénéfice annuel net de 150 milliards par ans avant d’ajouter que plusieurs activités de ces géants de télécommunication du Mali échappent à la fiscalité.

Les réalités d’à coté.
Alors même que le débit maximum offert aux particuliers ; par extension aux entrepreneurs maliens est de 36 000 f / mois pour 384kbps depuis 2009, au Sénégal on a droit à 2Mbps avec des chaînes de TV et d’autres services pour 30 000F / mois. La situation est beaucoup meilleure en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso où respectivement on au même prix 8Mbps et 512Kbps a précisé Renaud Gaudin. En attendant que le problème ne se règle, plusieurs internautes se rallient chaque jour à la cause sur les réseaux sociaux. Pour l’amélioration de la connexion internet des maliens, nous sommes prêts à aller jusqu’au bout a posté un activiste sur son compte. Et moi pour ma part, vous êtes invités, spécialistes et accros des réseaux sociaux afin que cette lutte ne soit vain. Car sans une meilleure connexion internet, à quoi peut servir un blogueur ou mieux un activiste?

Moussa MAGASSA

Bamako à l’ère du nudisme…

Vue de la plage de Kalabancoro à Bamako. Crédit Photo

La capitale malienne attire la population rurale notamment les jeunes qui laissent les villages vides et muets tel un cimetière. A Bamako, tous se sentent urbanisés et comme par magie, tous pensent savoir tout et donc croient pouvoir avoir droit à tout sans exception. Dans la métropole, le respect des coutumes et traditions est balayé du revers de la main faisant place à une modernisation mimant tristement l’Occident. C’est dans cette grande ville qu’on peut ôter la vie à un voleur, fumer un joint dans les grins, braquer et assassiner les motocyclistes. Actuellement, c’est au bord des plages que beaucoup de jeunes s’adonnent à leur libido.

Vue de la plage de Kalabancoro à Bamako. Crédit Photo

Vue de la plage de Kalabancoro à Bamako. Crédit Photo

Miami Beach en plein Bamako, c’est une réalité. Les berges de nos fleuves sont devenues des aires de plaisance en ces périodes de canicule où les jeunes se retrouvent pour passer du bon temps tout en profitant de la brise du fleuve. Originaires d’un pays enclavé, les amoureux de plage aux sables fins ont toujours dans leur boîte à outils une astuce pour compenser leur manque. Kalabancoro*1 Plateau, quartier périphérique de Bamako dont la popularité est au sommet en ces périodes de chaleur grâce à ses plages artificielles, est la nouvelle destination des jeunes. Convoitée généralement le week-end surtout le dimanche, la plage de Kalabancoro a une telle notoriété que les véhicules et motos s’y bousculent. Des jeunes par grappes viennent de toutes les communes de la capitale transportant sur leur moto jakarta*2 surchargée, des nattes, des théières, des chaises, etc. Une autre raison qui explique l’engouement des habitués du coin, c’est la présence de nombre incalculable de jeunes filles de tous les âges, toutes différentes les unes des autres. C’est ainsi que des jeunes riverains, membres de l’association des jeunes de Kalabancoro décidèrent de moderniser le site afin d’en récolter des bénéfices. Mais à quel prix ? Ils commencèrent par construire des parkings, à apporter au site des touches modernes. A ces aspects, s’est ajoutée une nouvelle création « le site Miami ». Entouré de rubans, pour y avoir accès, il faut désormais acheter un ticket à 200 FCFA et se faire estampiller à l’avant-bras, signe d’accréditation. A l’intérieur, des tentes dressées en plein air hébergent des adolescents plongés dans une idylle inouïe. Un peu plus loin, des cabanes construites certainement par les gérants sont les lieux de rencontre entre accro aux stupéfiants qui se partagent un joint ingénieusement roulé dans du papier. A Miami, aucune différence n’est faite entre un adulte et un gamin. Ici, on a droit à tous les interdits des parents. A Miami, c’est le libertinage total, chacun y trouve son compte.

‘’Sabarini*3’’ partie

Chaque dimanche aux environs de 17 heures, un cercle est formé à la demande du DJ. Des jeunes filles se livrent à des prestations tour à tour au milieu de la scène. Du sabarini au strip-tease, les spectateurs admirent la nudité des danseuses. C’est aussi l’occasion pour les prostituées de s’adonner au commerce de la chair. Autre réaménagement, un nouveau site serait construit pour accueillir les clients à environ 1 km de traversée en pirogue.

1* Un quartier populaire de Bamako connue pour ses belles plages artificielles.
2* Moto très populaire à Bamako qui représente 90 % des motos en circulation.
3* Danse d’origine sénégalaise modifiée et reconnue pour sa prestation qui met en évidence l’intimité de la femme.

Moussa Magassa