Chronique

La tabaski et la lustre tête d’un bélier, véritable défis pour les chefs de famille

Une tête de bélier à laquelle rêve toutes les familles pour la tabaski. Photo web
Une tête de bélier à laquelle rêve toutes les familles pour la tabaski. Photo web

Une tête de bélier à laquelle rêve toutes les familles pour la tabaski. Photo web

C’est l’heure fatidique de la chasse aux béliers, une période beaucoup appréciée par les enfants et très redoutée par les chefs de famille. Faut-il rappeler que la fête de la tabaski est à la fois la grande fête musulmane et la fête des moutons en l’honneur d’ Abraham ; personnage biblique pour son abnégation et sa croyance envers Dieu. Et bien à la différence de ces époques là, l’homme contemporain est cet être là qui est engagé dans un perpétuel combat au quotidien d’avec le monde afin d’assurer sa survie et celle de sa famille. Dans ce contexte, l’approche de toutes fêtes est pourvoyeur de soucis quant au moyen financier qu’il faudra réunir en vue de faire face aux exigences du moment. Alors c’est bientôt la fête de la tabaski à Bamako où se procurer un bétail en ces temps-là n’est pas une mince affaire.

Dans toutes les rues de la capitale, dans les coins et recoins des quartiers, à proximité des grands carrefours se rencontre un groupe de bétail. Certains venus exprès de pays de la sous-région pour l’occasion et d’autres élevés sur places par des individus pour l’unique grand Rendez-vous de l’année. Bien que les moutons abondent, le citoyen lambda semble ne pas trop s’intéresser à un tel déluge. Les raisons l’on les comprenne à chaque fois qu’un individu s’intéresse à un bélier. Nous avons approchés plusieurs vendeurs, les prix varient entre 50000Fcfa à 200000Fcafa voire 250000Fcfa parfois. Dans ces conditions je sacrifierai une chèvre certainement cette année, avait laissé entendre un client, moi peut être même pas, renchérit un autre.

Aussi difficile à croire, le pouvoir d’achat des habitants de Bamako a considérablement baissé en une année, depuis le début du quinquennat de « ladjibrouma ». Alors pas étonnant que des chefs de famille ne peuvent plus s’offrir un bélier d’environ 50000Fcfa ou même en dessous. Cependant, comme une obligation, tout chef de famille doit pouvoir sacrifier une bête, n’importe lequel, lorsque ses revenus ne lui permettent pas l’achat d’un bélier. La tabaski connue sur l’appellation de la fête des moutons risque fort bien de se métamorphosée en une fête des poules à Bamako…

Moussa Magassa

Décembre à Abidjan… C’est chaud dhê !!!

Le mois de décembre est spécifique en son genre. En décembre, rien n’est plus pareil à Abidjan, l’atmosphère de la ville est marquée d’une part par l’empressement des uns et des autres créant des embouteillages monstrueux le long des autoroutes, d’autre part, par cette attitude méfiante des jeunes hommes à l’égard des jeunes filles à la recherche de proie faible.
En décembre à Abidjan hommes et femmes se regardent en ‘’cacher regarder’’ (Expression ivoirienne désignant une attitude très méfiante). Personne n’ose avouer à la jeune femme qui lui fait passer des nuits blanches ses sentiments même lorsqu’on rencontre celle qui menace votre vertu. C’est la seule période pendant laquelle les cœurs remplacent les bouches intimidées des jeunes prétendants à Abidjan. Les jeunes filles quant à elles implorent tous les dieux afin qu’un ‘’Gaou’’ (Personne à l’attitude d’un villageois) tombe sur leurs charmes qu’elles entretiennent minutieusement à cette fin.
Abidjan est connue pour ces nombreux véhicules qui serpentent ses embouteillage_abidjanvoies. La voiture à Abidjan est pareille à la moto à Jakarta au Bamako ou Ouagadougou. J’entends par là qu’à Abidjan ce sont les voitures qui sont en nombre au détriment de la moto. Le jeune Ivoirien qui jusque-là dénote un grand amour pour le véhicule aussi modeste qu’il soit, n’accorde pas grande attention à la moto. Ainsi en décembre, ces véhicules dans un empressement inégalé créent sur les boulevards et autres routes un embouteillage à vous couper le souffle. Pis devient la situation lorsqu’il pleut sur Abidjan. Prise au piège d’un embouteillage après une averse vous y passerez un temps fou que vous ne pourriez imaginer.
Outre cet aspect, un autre plus commun au mois de décembre à Abidjan est celui de l’ambiance folle qui règne dans les marchés notamment le Grand marché d’Adjamé (Commune très peuplée d’Abidjan). Les vendeurs ambulants déambulent le long des routes à l’affût de la clientèle. Des commerçantes installées sur de petites 22062013057-copietables dans un son strident répètent comme un magnétophone une phrase qui fait la publicité de ses produits. Les vendeurs de CD étalent sans pudeur sur toute l’étendue de la route leurs marchandises en prenant le soin de laisser aux passagers un espace étroit en guise de trottoir.
Dans toutes les bouches, on ne parle que de décembre. Décembre par ci, décembre par-là, décembre et décembre encore comme si aucun autre mois ne pouvait l’égaler.
Sauf qu’il existe assez de raisons qui soutiennent cette attitude. Primo parce que le mois de décembre symbolise la fin d’une année au profit d’une nouvelle, ce qui mérite d’être célébré. Secundo, parce que le 31 de ce mois, Oui les gars, le 31 décembre est un jour mémorable dans le monde en général et en Côte d’Ivoire particulièrement. Tous restent en veille jusqu’à attendre minuit qui marque le début d’un Nouvel An. Cependant, à la différence ‘’des pays du monde’’ ici à Abidjan c’est partir pour le show toute la nuit et croyez-moi il faut le voir pour le croire.
Venez y faire un tour si vous avez l’occasion et vous m’en direz des nouvelles.
MOUSSA MAGASSA

‘’Donne pour moi’’ célèbre expression dans le transport ivoirien…

Vue sur la lagune D'Abidjan. Photo web

Abidjan, capitale économique ivoirienne est une ville où la vie est d’une aisance remarquable. Cette caractéristique qui est son propre y règne depuis l’accession du pays à son indépendance le 7 août 1960. Située en Afrique de l’ouest et ayant pour frontière le Burkina Faso, le Mali pour ne citer que ceux-ci la Côte d’ivoire fait l’objet de nombreuse convoitises par des jeune aventuriers qui viennent des quatre coins de la sous-région.

Vue sur la lagune D'Abidjan. Photo web

Vue sur la lagune D’Abidjan. Photo web

Ah le jeune ivoirien en général et le jeune abidjanais en particulier est celui qui se distingue nettement. Le style vestimentaire, le langage habituel de tous les jours sont entre autres ses caractéristiques. Une façon singulière de s’exprimer qui semblerait difficile à percer pour tout étranger est d’une très grande popularité. Cette langue à l’ivoirienne appelée ‘’le nounchi’’ est comme ‘’le broken English’’ de l’anglais. « Gba ensemble, donne-moi togo ou gbêssê vieh môgô » pour signifier respectivement : marché ensemble et remettez moi 100Fcfa ou 500Fcfa grand frère en sont des exemples appropriés. On pourrait affirmer sans se tromper que cette fameuse manie de parler tire son origine du transport entre les communes d’Abidjan.

Des mini bus à la peinture diverse circulent tout au long de la capitale rendant ainsi service aux usagers sont d’une renommée exceptionnelle. Connu sous le nom de ‘’gbaka’’, ces véhicule rallient les différents sites à un tarif comprit entre 100fcfa et 350fcfa avec abord des conducteurs peu expérimentés théoriquement mais qui dans la pratique font objet d’une grande maitrise. Les apprentis qui d’une part accompagnent le chauffeur dans sa tâche quotidien et qui restent scotcher aux doléances de ses clients d’autre part sont ceux-là même qui suscitent une très grande impression mitigée.

Gbaka véhicule de transport populaire d'Abidjan. Photo web

Gbaka véhicule de transport populaire d’Abidjan. Photo web

Cependant, la majorité de ces jeunes apprentis sont d’une indifférence problématique de telle sorte que s’est creusé un abîme entre eux et le citoyen lambda. Tous semblent convaincus que la politesse et la courtoisie sont des vertus qui ont déserté le quotidien de ces jeunes.

A côté de tout cela se rencontre une organisation qui semble vouloir lutter pour la sauvegarde des droits et intérêts des transporteurs : « le syndicat des transporteurs ». Une structure qui semble-t-il a failli à sa mission et qui est opère désormais à des fins purement lucratifs. Elle a contribué à entrainer de nombreux jeunes au chômage à vivre sur le dos de ces transporteurs. C’est le cas des ‘’gnamolo et des djôsseurs de naman’’. Les premiers sont dans le domaine du transport et les seconds dans celui du parking.

Les ‘’gnamolo’’ sont des jeunes entre 18 et 30 ans se rencontrent très souvent sur les sites servant de carrefours où la clientèle afflux sans grand soucis. La technique bien que paraissant simple est d’une double connotation. En un mot, il faut pouvoir s’imposer. Ainsi, si vous êtes d’un physique assortit, le tour est joué. Sinon, il faudra imposer son hégémonie d’une autre manière afin d’intimider les plus récalcitrants.

Apprenti de Gbaka. Photo web

Apprenti de Gbaka. Photo web

Voilà comment ça marche dans ce monde de nounchi. Chaque usager qui grimpe à bord d’un gbaka constitue une marchandise sur lequel seront prélevé des taxes. Dans ce contexte, chaque carrefour sous le règne d’un groupe de ‘’gnamolo’ ’où un usager voudra monter dans un ‘’gbaka’’, celui-ci vaut d’office la somme exacte de 50 FCFA qu’il faudra leur payer de gré ou de force. Tel est le paradoxe du quotidien des chauffeurs de gbaka à Abidjan.

‘’Les djôsseurs de naman’’ quant à eux se retrouvent très généralement au Plateau. Vous rappelez-vous ? Plateau la zone des affaires, Plateau !! Oui cette zone d’Abidjan qui ressemble à Paris dont on a exposé les détails dans l’article intitulé : ‘’Scandale à Somavie’’. Vous rappelez-vous n’est-ce pas ? Et bien c’est au Plateau que les djôsseurs de naman obtiennent de quoi à survivre. Ils suivent les véhicules et guident le conducteur sur l’attitude adéquate pour leur positionnement d’une part et signalent d’autre part aux véhicules en circulation la sortie d’un des véhicules déjà garés. Ils s’occupent également de leur entretient lorsque vous désirez rendre propre votre voiture en contrepartie d’une pièce d’argent. Une occupation noble qu’il faut saluer à la différence de celle des gnamolo.

Cette pratique des gnamolo et de ces syndicats sans scrupules est malheureusement bien connue des autorités qui ne ménagent aucun effort pour changer les choses. Une seule explication qui est la suivante se livre à nous : ‘’Les gouvernements africains n’en ont rien à faire du bien être des gouvernés. On est pour eux ce que représentent les troupeaux pour le berger’’.

MOUSSA MAGASSA