« Train littéraire », première escale de la littérature africaine à Bamako

Lorsque Grand Corps Malade, slameur et poète français, a relaté dans son tube le « voyage en train » toutes les étapes importantes de l’amour, il n’a sûrement pas pensé que son texte inspirerait des amoureux de la littérature, nichés dans un continent lointain du globe. Encore moins des écrivains maliens.

C’est pourtant ce tube qui a inspiré la création d’une activité littéraire dénommée « Train littéraire » à Bamako, la capitale malienne. Initié par Birama Konaré, promoteur de Binthily Communication et fils de l’ancien président Alpha Oumar Konaré, « Train littéraire » se veut une activité 100% littéraire. Premier dans son genre au Mali, il se tient désormais chaque dernier jeudi du mois. Je rappelle que Birama Konaré est lui-même écrivain. Le jeune auteur a écrit plusieurs œuvres, dont la dernière a été publiée récemment aux éditions L’Harmattan. Il s’agit de la nouvelle Les marguerites ne poussent pas dans le désert. Issu d’une famille qui partage le goût de l’écriture, notamment du côté de sa mère, Adame Ba Konaré, elle-même auteure, Birama Konaré souhaite, à travers ce concept, donner de la visibilité aux auteurs maliens, y-compris les jeunes auteurs en quête de modèle. Dans une salle aménagée pour l’occasion, au premier étage du restaurant « la Gare », sise Bamakocoura, non loin de l’hôtel de ville, s’est tenue la première activité « Train littéraire » ce jeudi 28 juillet. Sur les murs de la salle de réception, sont estampillés les noms de grands auteurs maliens et étrangers ; tous ceux qui ont marqué de près ou de loin la littérature africaine. De Maryse Condé à Léopold Sédar Senghor, en passant par Aimé Césaire, l’esprit de tous ces grands auteurs semble se retrouver dans cette salle devenue désormais le point de rendez-vous des rencontres littéraires à Bamako. A bord du train pour le premier voyage littéraire, un grand nombre d’invités, tous piqués par le virus de la littérature. Un seul critère pour participer au « train littéraire » : « il faut uniquement que votre œuvre ait été publiée par une maison d’édition », précise Birama. Pour un début, les auteurs maliens sont prioritaires.

La première oeuvre présentée lors du train littéraire. Ecrit par N'diaye Bah

La première oeuvre présentée lors du train littéraire. Ecrit par N’diaye Bah

« La Saga des Rois Maudits » ou « le Cimetière des Illusions ». Ancien ministre de l’artisanat et du tourisme (2002-2011) sous le régime du président Amadou Toumani Touré, N’Diaye Bah est le premier auteur malien convié à bord de ce voyage littéraire. Auteur du roman la « Saga des Rois Maudits » ou « le Cimetière des Illusions », paru en 2016 aux éditions L’Harmattan, l’auteur développe un style classique et clair pour relater des faits à cheval entre deux mondes : le vécu et la fiction. Dans son œuvre, il pose la problématique de la bonne gouvernance en Afrique, qu’il nomme en Bambara « le Fasoba ». Un récit, axé sur le mode de transmission de pouvoir en Afrique, interpelle le lecteur sur les événements qui ont marqué l’histoire politique du « Fasoba », émaillée de vive contestation de part et d’autre. L’œuvre est aussi un éveil de conscience pour la nouvelle génération et une source de leçons pour les nouvelles autorités africaines.

2 Commentaires

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *