A Bamako, elles pensent et respirent le mariage !

C’est connu, à Bamako, la capitale malienne, il ne se passe pas une journée sans qu’un jeune homme ne se prenne au visage la célèbre phrase utilisée à tout bout de champ par les demoiselles du coin : « Est-ce que tu vas me marier ? » Même lorsque vous êtes rempli de pensées positives, elles ont toujours cette façon de vous arrêter net dans votre lancée.

Il est clair qu’au Mali, comme partout en Afrique, les femmes sont plus nombreuses que les hommes. C’est ce constat qui pousse les religieux à promouvoir la polygamie sous toutes ses formes, car ici, on dit que « toutes les femmes doivent avoir un mari ». Un message très bien compris par certains hommes qui, sans considération ni égard, satisfont leur libido en mariant une femme chaque année. Une fois au foyer, le mari, sans grande surprise, traite ses femmes comme des animaux (pas d’argent pour le marché, retard dans le paiement de loyer, les enfants ne sont pas scolarisés…). Bref, aucun avenir pour le couple. Pourtant, elles veulent toujours qu’on les marie, peu importe les conséquences.

Portrait d'un mariage.

Portrait d’un mariage.

Apparemment la nouvelle génération de femmes a très bien compris le message qui est souvent répété ici (le fameux : « toutes les femmes doivent avoir un mari »). Toutes les jeunes filles de Bamako, qu’elles soient belles ou laides, grosses ou minces, grandes ou courtes, n’ont qu’une phrase à la bouche : « Est-ce que tu vas me marier ? » Déjà au premier rendez-vous, vous pouvez savoir si c’est une fille qui aime l’argent ou si elle cherche plutôt une relation sérieuse. J’avoue que la deuxième hypothèse commence à se faire rare par ici. Même si vous en trouvez, il est difficile de s’en assurer tellement elles se ressemblent toutes. Un ami m’a confié un jour, que lorsqu’il est face à une demoiselle qui ne vit que pour l’argent, c’est-à-dire qui est prête à tout pour se remplir les poches, il joue au jeu. Pour lui c’est la méthode idéale bien qu’elle exige beaucoup de patience.

Un véhicule arrange tout

Elles sont généralement attirées par les gars qui ont un véhicule. Peu importe qu’il lui appartienne ou pas. Ce qui les intéresse, c’est le buzz qu’elles feront après que ce dernier a passé la voir dans son quartier. Pour cela, elles savent s’y prendre. Le rendez-vous est fixé à une heure où tout le quartier est dans la rue. Comme ça, après le départ de celui-ci, elles seront au centre des débats dans les grins (groupe informel de discussion) et les concessions.

Une des filles que je connais à failli se suicider lorsqu’elle a appris que son « man » (expression désignant le petit ami), avec qui elle avait passé les meilleurs moments de sa vie, n’était rien d’autre qu’un plombier. Le gars s’était fait passer pour un cadre dans une agence de communication de la place. Il s’arrangeait avec un ami qui travaillait sur place pour recevoir cette dernière. C’est aussi le véhicule de l’ami en question qui passait la chercher chaque week-end. La pauvre ! Elle a failli y rester.

Comportement suspect égal réaction suspecte !

Tout le monde à Bamako (notamment les jeunes hommes) sait désormais ce qu’il faut faire pour convaincre une demoiselle de sortir avec vous. Il faut lui dire « Oui » et jamais « Non ». Tu veux m’acheter une moto Jakarta ? « Oui chérie ».  Tu veux m’acheter une maison ? « Oui chérie ». Tu peux me faire un transfert par Orange Money ? « Oui chérie »… Et lorsque vous avez satisfait à toutes ces demandes, elles se disent qu’il est alors temps de demander ceci : Tu veux me marier ? Là aussi, le gars lui dit « Oui »… parce qu’il continue à jouer le jeu.

Finalement, elles veulent le mariage et les gars, eux, veulent autre chose.

4 Commentaires

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *