août, 2015

Vacances de fin d’année : quelle destination pour les maliens ?

Un voyageur à l’aéroport Bamako Senou. Crédit photo journaldumali Hebdo

Au moment des vacances la capitale bamakoise est prise d’assaut par les individus venus de divers horizons. Les hôtels, restaurants et piscines sont très convoités en cette période. Une situation favorable au secteur du tourisme et de la culture en mal depuis un certain moment. Les Maliens de l’extérieur et les expatriés quant à eux préparent le retour au bercail. Tous ont-ils réellement le cœur aux vacances ?

Voyageur à l’aéroport Bamako Senou. Photo journaldumali

Voyageur à l’aéroport Bamako Senou. Photo journaldumali

C’est bientôt la fin du mois de juillet, plusieurs écoles et lycées ont déjà fermé les portes à Bamako. C‘est l’allégresse chez les élèves et étudiants qui pressent de ranger tout le clic de l’école afin de profiter des vacances. La même ambiance règne du côté des parents, sauf qu’à la différence des enfants, ils espèrent plutôt se retirer dans un endroit tranquille et profiter de quelques jours de repos. Les expatriés ne sont pas mis à l’écart, plusieurs employés des entreprises et ambassades à Bamako attendaient déjà de pied ferme le mois d’août pour se rendre dans leur pays d’origine. La diaspora également effectue un retour dans la capitale malienne. Après les résultats du bac, les écoliers rêvent de passer des vacances inoubliables notamment ceux qui ont réussi le concours tandis que les recalés s’activent aux révisions en attendant avec impatience la rentrée prochaine. Si certains profiteront de leurs vacances, d’autres n’en n’auront point retenus par des obligations professionnelles ou pour des raisons personnelles. Quoiqu’il en soit, pour ces vacances comme pour les précédents, le citoyen lambda a obligatoirement un programme. Mais lequel ? Les destinations ainsi que les occupations diffèrent sans nul doute en fonction du statut et fonction des uns et des autres, du moins c’est le constat qui ressort après un tour de reportage dans la capitale malienne.

Un passetemps à plusieurs volets.
Les vacances paraissent plus occupantes pour les élèves et étudiants. Les destinations et occupations diffèrent selon le statut de la personne, pauvre ou riche. Les personnes démunis malheureusement les plus nombreux à l’intérieur du pays sont occupés à se trouver du boulot afin de pouvoir faire face aux dépenses de la rentrée prochaine. D’autres par contre, retourne au village pour aider les parents dans les travaux champêtres. A la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako (FSJP), l’ambiance n’est plus à la fête et aux grins de thé à cette approche des examens. Assis sous un arbre Ibrahim Cissé un cahier à la main discute avec des amis. « Il n’y a pas de vacance pour moi car je viens de terminer avec la Fac et il me faut de toute urgence trouver soit un emploi soit un stage » a-t-il confié. Un peu plus à gauche, Bouba le plus jeune probablement, les yeux écarquillés, le visage amusant se presse d’enchainer, « moi je compte aller visiter la capitale ivoirienne avec mes parents » avant d’ajouter sur un ton moqueur qu’il n’a pas le feu aux fesses. Quant à Amadou, proche de la trentaine, la face crispée, un ancien de la faculté sans doute semble absent d’esprit. Il accepte néanmoins de nous partager de ses projets, « Bouba a raison de se réjouir car tous n’ont pas cette chance. Il n’y a pas de vacances pour moi cette année, il n’en a jamais eu d’ailleurs car pour aller en vacances il faut à mon âge avoir au moins un boulot stable. J’irai au village pour quelques semaines et ensuite je reviendrai pour mes cours à domicile en attendant que de trouver mieux » a-t-il lâché. Loin des réalités citées plus haut, certains parents d’élèves préfèrent inscrire leurs enfants pour des cours de vacances. C’est plus bénéfique semble-t-il pour ceux qui passeront les vacances à la maison, a confié une mère de famille.

Le « faux retour » au bercail.
Pendant que du côté des élèves et étudiants l’incertitude continue de planer, les expatriés et les maliens de la diaspora quant à eux bénéficient d’une atmosphère plutôt dégagée. A Bamako, les employés du secteur privé iront en congé dès le mois d’août. Tous ont des projets de voyage sur le pays d’origine, du moins c’est ce que laisse paraitre la situation actuelle au sein de plusieurs entreprises sur place. A l’Institut Français de Bamako, le personnel est en congé depuis ce vendredi. Un mois de congé ou plus durant lequel les employés expatriés retourneront en France. Louis Gaudin, journaliste reporter souhaite au préalable rendre visite aux parents à Paris et passer du bon temps avec les amis. Du côté de la diaspora, la présence de quelques-uns se faire déjà sentir dans la capitale. Les piscines, les boîtes de nuit et les restaurants sont pris d’assaut par les jeunes parisiens et autres venus de la diaspora. Venus pour un laps de temps, les vacanciers évitent les concessions familiales où ils se sentiront envahis. Comme solution, pour fuir la promiscuité de la grande famille, ils optent pour une chambre d’hôtel ou un appartement déjà meublés en pleine expansion actuellement à Bamako.

Appartements meublés et innovation dans les restaurants.
Côté gastronomie, le poids des vacances se fait également sentir. A Bamako le nombre des restaurants et hôtels ont augmenté en 2015. L’objectif est d’attirer un grand nombre de clients. Un souhait réalisable que lorsque les conditions sont réunies. Dans les murs du groupe Azalaï Hotels précisément à l’hôtel Salam, il y a du nouveau du côté du restaurant et du menu : menu à la carte avec des suggestions du chef Séraphin Ehouman et une animation autour de la piscine avec des punchs et cocktails exotiques ainsi que l’ouverture du restaurant gastronomique le beau rivage. A l’hôtel Radisson, au restaurant Amandine ou au Rabelais l’heure est aux innovations à l’approche des vacances. Convoités par les Maliens de l’extérieur et les touristes, les appartements entièrement meublés sont également à la mode et ce d’autant qu’ils sont moins chers : entre 30 000 et 100 0000 Fcfa la nuit. Pour ajouter la cerise au gâteau, les véhicules de luxe mis en location par des particuliers dont l’activité continue à prendre de l’ampleur sont empruntés par les vacanciers tout le long du séjour.

Vacance et rien.
Le terme vacance ne semble pas apparaître dans le carnet de certains. Moussa Mara, ancien premier ministre confie que les vacances ce n’est pas son fort avant d’ajouter qu’il préfère mieux rester occupé. Une autre grande personnalité quant à lui se consacrera à son champ pendant ses congés. Ibrahim Maïga, jeune leader préfère quant à lui mettre à profit ses jours de repos à des activités citoyennes.

Moussa MAGASSA