Bamako: Ramadan Vs aux anciennes habitudes

En période de ramadan, les habitudes vestimentaires changent. Un véritable remaniement est effectué dans les garde-robes chez les hommes et les femmes. Les chefs de familles ainsi que plusieurs fidèles doivent malgré le jeûne vaqués à leurs différentes préoccupations. Jeûner et travailler devient la règle. Le lait, le sucre, la banane douce et l’orange sont autant de produits dont les prix ont grimpés alors même que le pouvoir d’achat des maliens restent le même.

Datte du Ramadan. Photo Francemagrheb

Datte du Ramadan. Photo Francemagrheb

C’est bientôt le mois de Ramadan, avec lui, le changement des habitudes. Pendant toute la durée du jeûne, les fidèles se plieront au respect des préceptes de l’islam. Tous se forceront alors d’observer une nouvelle attitude afin d’atteindre l’objectif escompté ; le pardon d’Allah. L’un des faits les plus marquants durant ces trente jours de prières et bénédictions est le style vestimentaire des fidèles. On assiste alors à un renouvellement des garde-robes autant chez les hommes que chez les femmes. Du pantalon jean cousu sur mesure et même troué par moment, le ‘kameleba’1 développe en période de jeûne un faible pour les boubous et les babouches. Ainsi, il rejoint le cercle des pratiquants car il ne fait plus aucun doute que nombreux ont l’étiquette de musulman sans pour autant l’être véritablement. Le constat est plus captivant chez nos sœurs qui à force de mimer l’occident s’ouvrent majoritairement de perdition car n’étant ni noires, ni blanches. Les collants qui ressortent les rondeurs, les mèches qui empêchent l’eau de l’ablution d’atteindre la chevelue, les maquillages ainsi que les parfums qui apportent un éclat à la beauté féminine sont autant de comportement prohibés pendant le mois de jeûne. Alors autrefois source de désirs dès le premier coup d’œil, nos sœurs se métamorphosent en de femmes au foyer, soumise et respectueuse de leur corps protégé par une tunique généralement noire préconisée par la religion. Plus de cheveux artificiels, ni de rouge à lèvre encore moins le haut du slip exhibé sur sa moto Jakarta par la pression d’une ceinture artisanale. Tous se remettent sur le droit chemin car craignant d’une part le blâme public et d’autre part la fureur d’Allah. Vrai ou non, une chose est certaine, le mois de Ramadan contribue à modérer le style vestimentaire des uns et des autres dans les villes africaines notamment à Bamako.

Hypocrisie envers Dieu ou soi-même ?
Onze mois de laisser-aller totale, sans interdit et sans complexe aucune, le commun du mortel agit à l’opposé de sa religion (musulmane et chrétienne). Et quand vient la période de pénitence, on constate un changement radical dans les habitudes tout en étant impatient que sonne la fin des privations afin de retourner à nos vieilles habitudes. La question que l’on se pose généralement est la suivante : Dieu serait-il un jouet pour les hommes ? A cette question, chacun a certainement sa propre réponse bien qu’on oublie par moment que Dieu sous une approche philosophique est omniscient, omnipotent et omniprésent.

Jeûner et travailler devient une tâche difficile.
Le travail est ce qui libère l’homme, disait un grand penseur. Mais jeûner et travailler n’est pas toujours aisé pour le citoyen lambda et le musulman pratiquant. Durant un mois, environs 90% de la population malienne jeûneront jour pour jour, remplissant ainsi l’un des cinq piliers de l’islam. Cependant, il est également à rappeler que les chefs de familles redoutent le mois de jeûne car tous semblent unanime qu’il engendre d’énorme dépense. Du coup, il faut travailler pour faire face aux besoins. Travailler est une chose et travailler en étant en jeûne en est une autre, « le mois de ramadan n’est pas facile pour les artisans tels que les mécaniciens, les menuisiers et les cordonniers » a précisé Soumaïla Cissé cordonnier et père de deux enfants au grand marché de Bamako. « Or, il faut bien qu’on travaille si l’on veut survenir aux besoins de la famille » a ajouté son voisin. Dans les marchés de Bamako, les parents se pressent pour approvisionner les cuisine. Chaque jour, des chefs de famille se rendent au boulot le matin pour ne revenir que tard dans la nuit. La situation n’est sans nul doute pas prête de changer avec le mois de Ramadan, du moins c’est ce qui laisse paraître les réactions des uns et des autres.

Hausse des denrées alimentaires.
Les vieilles habitudes reprennent de plus belle dans les marchés de la place en ce mois de Ramadan. Alors que les chefs de familles redoutent les dépenses, les commerçants quant à eux se frottent déjà les mains, impatients de récolter les bénéfices tant attendus, durant ce mois béni du jeûne. Sur le marché, les prix des produits de premières nécessités ont grimpés. Au grand marché de Bamako, le kg du lait coûte 3000 Fcfa. Quant à la viande de mouton, elle reste toujours au stade de 2500 Fcfa/Kg, alors que la viande de bœuf connait une hausse de 200 Fcfa soit 2200 Fcfa/Kg. Karamoko Keïta, boucher au marché de Dibidani, explique les raisons de cette hausse, « le bœuf coût très cher ce qui fait que dans les abattoirs beaucoup n’en tuent plus comme avant ». Autre produit, convoité et à multiple fonction, le sucre dont le kg coût 500 Fcfa.

Entre bénédiction, prières et adoration, le citoyen lambda en général et le commerçant en particulier accueille le mois de Ramadan telle l’une de ses période fructueuses. Comme quoi, le poids et l’influence de la religion aussi grand soit-il ne sauraient constituer un obstacle à notre quête perpétuelle pour la fortune. Bon mois de Ramadan à tous.

Moussa MAGASSA

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