L’Odyssée de jeuneivoiromalien (1)

Cette histoire est la mienne, c’est le récit d’une aventure parsemée d’obstacle qui se dressait chaque jour et qu’ il fallait obligatoirement surpasser pour le bonheur de la famille. Ce n’est nullement le fruit de mon imagination mais les réalités qu’un jeune homme de 23 ans a dû affronter afin de prendre le rôle qui était le sien celui de son défunt père ; chef de famille.

Le fleuve du moyen Comoé sur le pont entre Abengourou et Abidjan en Côte d'Ivoire. Photo Google

Le fleuve du moyen Comoé sur le pont qui relie  Abengourou à Abidjan en Côte d’Ivoire. Photo Google

Il y a quatre ans je déposais mes valises à Bamako, obligé de quitter la Côte d’Ivoire qui à l’époque était sous le coup d’une crise post-électorale qui ne se fait pas dire. Les rues d’Abidjan ainsi que celles de plusieurs villes d’ailleurs étaient parsemées d’affrontement entre jeunes partageant des idéologies différentes. Une atmosphère belliqueuse s’installa dans ce pays autrefois pays de paix et de fraternité et conduisait du coup le citoyen lambda à s’efforcer de rester en vie. Les boutiques, les restaurants, les écoles et les universités tous fermaient pour une date ultérieure qui on savait bien ne serait pas demain ou le lendemain. C’est à cette époque que j’obtins mon baccalauréat et que mon père tira sa révérence à la suite des séquelles d’un accident de moto. La même année j’étais à la fois entre désolation et espoir où la première jouait plus de rôle que le second dans ce qui devrait être ma nouvelle vie.

Après la publication des résultats de l’élection présidentielle de 2010 où l’un penchait pour le président sortant, Laurent Gbagbo et l’autre pour l’actuel président ivoirien Alassane Dramane Ouattara, nous savions que l’année scolaire était perdue d’avance. On ne tarda pas à décréter une année blanche. Était-ce une malédiction ou le destin s’acharnait –il sur ma modeste personne ? Avais-je faire quelque chose pour mériter cela ? Autant de questions restaient sans réponse pour le jeuneivoiromalien. A la maison, maman qui venait de perdre son mari, les petits frères encore dans la fleur de l’âge leur père ; le meilleur sans nul doute qui pouvait exister sur cette terre. C’était en un mot le reflet d’une vie loin heureuse et moi, il m’était impossible de faire comme si de rien était, car la situation me consumait à petit feu. J’étais désormais, un père pour mes jeunes frères, un fils digne pour ma pauvre, un jeune homme qu’il y a peu était encore le garçon de son père et qui devait par la force des choses porter le costume de chef de famille. Un changement aussi radical que précoce venait de s’opérer dans ma vie et j’en étais conscient. Je décide alors de prendre les choses en main, j’opte pour Bamako où je devrais continuer mes études car il n’était pas question que je perdre une année. C’était chose aisée car mes parents sont tous deux maliens. Il fallait donc réunir le minimum de condition pour un voyage dans mon pays d’origine que je devais découvrir pour la toute première mais là également c’est une autre histoire qui commence.

A suivre…

Moussa Magassa

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