IBK saurait-il fait face à ses promesses de campagne ?

Le Mali revient de très loin. Du bord de l’abîme à la tentative de restauration d’un Etat de droit. Un effort autant encourageant que salutaire qui a contribué à redonner au pays de l’hippopotame son blason de modèle de démocratie qui figure dorénavant au fronton de son vaste désert.

Après une élection plus tôt périlleuse les maliens ont pu à travers plusieurs doutes et d’incertitudes choisis leur président. Le troisième de l’air démocratique du nom de IBRAHIM BOUBACAR KEÏTA. IL fut l’un des personnalités charismatiques du pays à travers des décisions qu’il prit çà et là lorsqu’il occupait les fonctions de premier ministre, du président de l’assemblée nationale et de député.

Un caractère qui lui a valu aujourd’hui le statut de chef suprême. Car il faut le dire la population malienne bien qu’étant un peuple inerte demeure infaillible de ces convictions à l’endroit d’une personnalité de renom. Autrement dit, il lui voue une admiration à la fois considérable et insensée. De telle sorte que rien ni personne ne peut rien y changé. C’est le cas du nouveau président malien dont son statut lui était d’office accordé à en croire la volonté des maliens.

De ce fait depuis le mercredi 4 septembre 2013, le président élu des maliens est officiellement rentré en fonction après avoir prêté serment devant la cour suprême (perpétuelle tradition juridique que doit accomplir tout nouveau président par la citation du fameux article «je jure… »).

Le président IBK le jour de son investiture. Photo web

Le président IBK le jour de son investiture. Photo web

Un serment que les présidents entrant ne se gênent point de balayer du revers de la main une fois assis au palais présidentiel.

Les chantiers d’IBK qui sont entre autre ‘’la corruption, la réconciliation des fils du pays, la réforme de l’armé’’ sont forts nécessaires que difficiles à réaliser quand on connait l’impact que la crise du nord a engendré et qui persiste encore aujourd’hui. La population divisée par des conflits inters raciaux. La corruption, le tribalisme et ces composants qui sont le propre des maliens depuis plus 20 ans déjà semble incurable…

Un paquet de fric témoignant de la corruption. Photo web

Un paquet de fric témoignant de la corruption. Photo web

Alors oui !!! Nous disons que ce nouvel chef d’Etat malien a sérieusement du pain sur la planche.

Conformément à son discours de campagne, le président Ibrahim Boubacar Keïta a rappelé lors de son discours d’investiture que la réconciliation nationale était la plus pressante des priorités. « Dès demain, nous enclencherons les actions appropriées pour forger les solutions robustes en vue d’une paix durable, afin que nous sortions définitivement de la répétition cyclique des crises dans le nord de notre pays », avait promis le nouvel homme fort du Mali.

Les rebelles de MNLA dans le Nord MALI. Photo web

Les rebelles de MNLA dans le Nord MALI. Photo web

Pendant de longs mois, le Nord et le Sud se sont en effet trouvés divisés une nouvelle fois, suite à l’offensive menée par les Touaregs du MNLA puis par des groupes djihadistes. Aujourd’hui, les plaies restent vives. Mais le président s’est fixé un objectif. : ‘’Organiser des assises pour rassembler toutes les composantes de la société, et toutes les générations’’

Des mesures sont –elles déjà prises en ce sens ? Ou dirait-on il est encore trop tôt pour un supposé bilan de ses promesses de campagne ? Cependant, une chose est certaine le Mali est dans un besoin à la fois pressant qu’urgent que la réalisation de tous ces projets serait la bienvenue.

« Le Mali avant tout »

« Je veux réconcilier les cœurs et les esprits, rétablir une vraie fraternité entre nous, afin que chacun dans sa différence puisse jouer harmonieusement sa partition dans la symphonie nationale », a poétisé Ibrahim Boubacar Keïta.

Un défis plutôt difficile à relever mais pas impossible. La réconciliation des maliens est la précieuse pierre qu’il faudra ajouter à l’architecture d’un développement concret et la construction d’un Etat de Droit. La crise du nord a engendré un conflit ethnique et racial avec son cortège d’émotion et de souvenir qui constitue à présent des séquelles qu’il faut au préalable lutter contre.

Et bien là encore nous disons que le peuple du Mali dans l’urgence a besoin d’une solution qui ne saurait se prouver que par des actions concrètes. Les maliens ont trop entendus de promesse de la part de ses dirigeants. Ce que nous désirons maintenant c’est bien entendu la concrétisation de ces promesses de foi à la malienne.

 Rétablir la confiance en la classe politique.

« Mettre fin aux passe-droits, améliorer la gestion des fonds publics est ainsi le défi global auquel devra répondre le nouveau pouvoir. Les Maliens ont perdu toute confiance dans leurs gouvernants et dans leur classe politique, accusée de n’avoir rien fait pour prévenir la crise ».

« La nation et le Mali avant tout ». Tel est le credo du nouveau président qui, à 68 ans, promet de redonner confiance aux Maliens : « J’œuvrerai pour que les Maliens retrouvent foi en l’avenir. Rien de grand ne peut réussir ni se faire sans sacrifices. Il faut accepter de tendre la main à l’autre, afin de bâtir ensemble un Mali nouveau ». Un Mali dans lequel nul ne sera au-dessus de la loi, a aussi prévenu IBK.

Pourrons-t-on cependant, imaginé un Mali comme ça ? Le Mali serait-il un état de droit en dépit de toutes ces exactions ? Ces institutions minées de vice à effet de retardement et de violation des lois seront-elles redressées ? Ou ce sont encore des promesses de campagne superflue du nouveau président ? Autant de questions sans réponse pour le moment.

Nous pensons que pour la restauration « d’un Mali dans lequel nul ne sera au-dessus de la loi » il est plus que nécessaire qu’on commence par alterner des personnes qui briguent des mandats depuis le temps du président Alpha Oumar Konaré (ancien président malien),et qui y demeurent toujours. Tel est le cas des membres de la cour constitutionnelle et de la cour suprême. En un mot il faut de nouvelles têtes, au sommet et à l’intérieure de toutes les institutions du pays, car, c’est triste de le dire tous ces vieux sont autant corrompus que l’ensemble du personnel recruté sous leur égide. Seule mesure de lutter contre l’impunité et de favoriser la justice.

Président Alpha konaré. photo web

Président Alpha konaré. photo web

En ce qui concerne la lutte contre la corruption ce serait comme jeter de l’huile au feu car les passe-droits sont aujourd’hui une pathologie sans remède conséquente.

Comment tuer l’hydre aux cent têtes qui repoussent une fois coupées ?

C’est la très délicate équation à la résolution de laquelle le torero de Sébénicoro (quartier où vit IBK à Bamako) doit s’atteler sans délai. Saura-t-il prendre le taureau par les cornes ? Ou fera-t-il semblant de lutter, comme le faisaient ses prédécesseurs en sacrifiant les menus fretins sur l’autel de l’exemple tandis les requins en haute mer, qui ont détourné des milliards de FCFA, passeront paradoxalement au travers des mailles du filet ? C’est l’exemple du président déchu AmadouToumaniTouré (ancien président malien)et de plusieurs maires en l’occurrence celui du district de Bamako Adama Sangaré… Ou livrera-t-il une vraie guerre contre le mal aux mille visages ? Fera-t-il de la lutte contre la corruption un instrument d’élimination d’adversaires politiques ou un outil véritablement au service du développement socio-économique harmonieux du Mali ? L’avenir immédiat nous le dira. En tout cas, son homologue sénégalais, Macky Sall, lui a ouvert la voie avec le très retentissant dossier dit des biens mal acquis.

Président ATT. Photo web

Président ATT. Photo web

Les chantiers qui attendent Ibrahim Boubacar Keïta sont nombreux et paraissent tous plus urgents les uns que les autres. Parmi ceux-ci, la réforme de l’armée, qui a renversé il y a un an et demi le président ATT. Une armée négligée pendant des années, sous-équipée et humiliée dès les premiers combats de janvier 2012. Une armée aussi marquée par la corruption et des dysfonctionnements dans la chaîne de commandement.

Nous disons que jusqu’à preuve du contraire rien de concret comme action n’a été posé par le nouveau gouvernement qui bien que semble-t-il technocrate. Nous attendons toujours. Bientôt ! Je m’adresserai au chef de l’Etat. Faisons fi citoyen malien de rabaissement insensé, disons ce qu’il faut, dénonçons les inconduites mêmes de personnes de haut rang.

Ainsi, nous pourrions peut être rêvé d’un Mali de Droit…

MOUSSA MAGASSA

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